Sécurisation de la paroi rocheuse de Beauvallon: fin du chantier de la « tranchée couverte » ce 8 décembre - 08/11/2017

Dans un mois jour pour jour s’achèvera l’un des plus importants chantiers entrepris ces dernières années sur le rail : la construction de la « tranchée couverte » destinée à protéger le trafic d’un éboulement à hauteur de Beauvallon (Ligne Namur-Bruxelles). Lancée mi-2016, la construction de cet ouvrage de 250m de longueur a été réalisée dans les délais prévus. Le 8 décembre, le trafic – adapté et limité à une seule voie depuis septembre 2016 – reprendra normalement entre Namur et Bruxelles.

La « tranchée couverte », pour une sécurité durable

Le chantier, lancé mi-2016, a été réalisé dans les délais prévus, à savoir une quinzaine de mois. Il a tout d’abord fallu excaver quelques 30.000m³ de roches et de terres afin de créer l’espace nécessaire à la construction de la future structure en béton. Cette « tranchée couverte » a été réalisée en deux temps tout en maintenant une voie en service : la première moitié (côté opposé à la paroi) a été construite au cours de l’hiver ; la seconde l’été dernier. L’ouvrage est aujourd’hui achevé. Long de 250m, épais d’1m par endroits, il est constitué de 13.500 m³ de béton armé et protège désormais de façon durable ce tronçon de la ligne 161 « Namur-Ottignies ». 

Dans le cadre de ce chantier, divers éléments de l’infrastructure ferroviaire (portiques caténaires, installations électriques, signalisation) ont été – tout ou en partie – renouvelés. Les travaux de finition sont actuellement en cours. Il s’agit de la pose de la seconde voie, du déroulage des câbles de signalisation, de l’installation de l’éclairage et de l’aménagement des pistes latérales (permettant aux agents en charge de l’entretien de se déplacer en toute sécurité le long des voies). Ces travaux s’achèveront début décembre afin de mener à bien les tests de sécurité préalables à la remise en service de la deuxième voie le 8 décembre.

Au printemps 2018, l’espace situé au-dessus de la tranchée sera remblayé à l’aide de quelque 25.000m³ de terre. En accord avec le Département de la Nature et des Forêts (DNF) de la Région wallonne, de la végétation y sera plantée afin de reconstituer un milieu naturel et favoriser le retour de la faune.

Au total, quelque 8 millions d’€ ont été consacrés à ces travaux.

Fin des mesures de limitation du trafic

Situé à environ 2km de la sortie de la gare de Namur en direction de Bruxelles, le site de Beauvallon faisait l‘objet d’une surveillance permanente depuis 1999. La nature du sol (un terrain meuble) et la présence de roches friables occasionnaient un risque d’éboulement sur la voie ferrée située en contrebas. Les experts d’Infrabel ont dès lors décidé d’entreprendre un chantier de très grande ampleur et d’aménager un ouvrage semblable à celui réalisé quelques années plus tôt à La Gleize (Stoumont).

Avec pas moins de 160 trains par jour, la ligne 161 « Namur-Ottignies-Bruxelles » est l’une des plus denses du réseau. Y réaliser de tels travaux de génie civil imposait de relever un double défi : en termes de planification du chantier d’abord, d’organisation du trafic ferroviaire ensuite. Il est apparu techniquement impossible de maintenir 2 voies en service. En septembre 2016, à l’issue de la phase préparatoire du chantier, la circulation ferroviaire a été réduite à une seule voie sur une distance de 6km et le trafic, notamment des trains omnibus, limité entre Namur et Rhisnes. Bien que pénalisante pour les usagers, cette solution a offert plusieurs avantages : elle a ainsi permis de réduire la durée du chantier de près d’une année en comparaison avec d’autres options étudiées.

Le 8 décembre, le trafic pourra reprendre normalement entre Namur et Bruxelles.

Les travaux de sécurisation des parois rocheuses entrepris par Infrabel ont permis, en une quinzaine d’années, de traiter les 40 sites du réseau ferroviaire jugés les plus instables. Bout à bout, cela représenterait une distance d’environ 10 km de parois. A ce jour, quarante millions € ont été consentis à ce programme.