Sécurisation de la paroi rocheuse de Beauvallon: état des lieux à mi-parcours - 14/03/2017

Au cours de l’été 2016, Infrabel a lancé un chantier de grande ampleur sur la ligne 161 « Namur-Bruxelles », peu après la sortie de la gare de Namur. Pour protéger le trafic ferroviaire d’un risque d’éboulement de la paroi rocheuse jugé « élevé » par les experts, les équipes techniques s’attèlent à construire un caisson en béton de 250m de long ; une « tranchée couverte » dans laquelle seront placées les deux voies. Les travaux sont aujourd’hui à mi-parcours.

La « tranchée couverte », pour une sécurité durable

Les terrassements préliminaires ont commencé au cours de l’été 2016. Quelques mois plus tard, 30.000m³ de roches et de terre ont été excavés et la gigantesque structure, constituant l’ossature de la future tranchée couverte, prend doucement forme. Environ 6500m³ de béton (sur un total de 13.500m³) ont déjà été coulés : les fondations d’une des deux voies (ce qu’on appelle le « radier »), une des deux parois latérales et la moitié de la dalle supérieure. L’ensemble forme désormais un « C » dont l’épaisseur atteint 1 mètre.

À la mi-avril, lorsque ce travail de gros œuvre sera achevé sur une distance de 250 mètres, les équipes d’Infrabel aménageront une nouvelle voie en posant rails, caténaires et signalisation à l’intérieur de ce « C ». Début juin, le trafic sera basculé vers cette nouvelle voie… et un travail semblable à celui déjà réalisé pourra être mené à bien sur la seconde moitié de la plateforme ferroviaire.

Ces impressionnants travaux de génie civil devraient être terminés début décembre 2017. Dans cette zone encaissée, les trains pourront alors circuler en toute sécurité dans une tranchée couverte qui sera finalement remblayée.

 

Les trois avantages de l’option retenue

Bien que pénalisante pour les usagers de la ligne 161 « Namur-Bruxelles », l’option de limiter le trafic pendant la durée des travaux (une seule voie étant disponible) offrait plusieurs avantages.

Elle permet de réduire la durée du chantier de près d’une année en comparaison avec d’autres options étudiées. Elle autorise aussi le maintien d’une vitesse de 80km/h dans la zone de travaux, évitant de la sorte les problèmes de perte d’adhérence que rencontrent fréquemment les trains qui circulent, en côte, à allure réduite. Enfin, elle pourra être couplée à des travaux de modernisation des installations électriques initialement prévus dans un second temps. Cela évitera ainsi de perturber deux fois le trafic, en un même endroit, à quelques années d’intervalle.

Une paroi sous surveillance permanente

Pour rappel, le site de Beauvallon fait l‘objet d’une surveillance permanente depuis 1999. Cette année-là, une longue campagne d’étude géologique révèle que la paroi rocheuse présente des phénomènes karstiques importants. En clair, la nature du sol (un terrain meuble) et la présence de roches friables occasionnent un risque d’éboulement sur la voie ferrée en contrebas. Des filets métalliques sont alors posés pour consolider l’ensemble. Mais les spécialistes (bureau indépendant et ULg) sont formels : seuls des travaux de grande ampleur peuvent permettre d’offrir une sécurité durable.

La construction de cette tranchée couverte – deuxième ouvrage du genre sur le réseau ferroviaire belge après celui de « La Gleize » (Stoumont) – était la seule solution technique à même de garantir le plus haut niveau de sécurité sur cet axe emprunté chaque jour par plus de 160 trains. Le coût total du chantier avoisinera les 8 millions €.

En une quinzaine d’années, les travaux de sécurisation des parois rocheuses entrepris par Infrabel ont permis de traiter les 40 sites jugés les plus instables. Bout à bout, cela représenterait une distance d’environ 10 km de parois. A ce jour, une quarantaine de millions € ont été consentis à ce programme.